Robert DOISNEAU « des secondes d’éternité »

 

 

 

14 avril 1912 à Gentilly, 39 avenue Raspail, un événement familial passe inaperçu uniquement aux yeux du monde, la naissance de Robert Doisneau.

 

 

Le même jour un autre événement fera les titres des journaux, celui du naufrage du paquebot « Le Titanic » qui mettra trois jours à sombrer dans les eaux froides de l’océan Atlantique, on y dénombrera 1500 victimes.

 

 

Devenu photographe reconnu, il ironisera à l’idée qu’il y eu bien deux « catastrophes » ce jour d’avril, et cela à deux ans de la Grande Guerre.   

 

Effroyable catastrophe que cette infâme « boucherie » d’ordre mondiale. 

 

On pourrait y voir le symbole de mots empruntés à Simone Signoret : « La nostalgie n’est plus ce qu’elle était.» Ironie du sort, il n’a que 7 ans quand sa mère décède.

Au retour des combats, son père Gaston se remarie.

 

 

La famille recomposée (d’un frère) Lucien Larmé déménage de l’avenue Raspail, au 7 rue de La Poste. Enfant il est élève à l’école du Centre (Henri Barbusse) et  fait sa catéchèse à Saint Saturnin, il est aussi le neveu du député Radical, Auguste Gratien qui sera élu et réélu maire de Gentilly, de 1916 à 1934.

 

 

C’est son oncle qui lui offre son premier appareil photographique.

 

Ce n’est pas le Leïca que l’on porte en bandoulière, mais une lourde boite encombrante, montée sur un trépied recouvert d’un voile noir d’obscuration, pour chasseur d’images.

Timide, Robert photographie des pavés en tas, des balustrades recouvertes d’affiches, mais pas encore ses contemporains.

 

 

Il faudra attendre le début des années 30, pour qu’il se risque enfin à vendre ses premières productions, où apparait un monde merveilleusement interlope.

 

Le journal « l’Excelsior » publie alors un reportage de plusieurs de ses clichés pris sur le marché aux puces de Saint Ouen. En 1934, il se marie, 1937 la famille emménage définitivement place Jules Ferry à Montrouge, avec Pierrette sa femme et leurs deux filles.

 

Depuis sur l’Ile Seguin les usines Renault l’ont embauché comme preneur de vues, il y reste 5 ans. Puis devient freelance, avant d’intégrer l’agence Rapho (rue d’Alger) face au Jardin des Tuileries.

Lors de la seconde guerre mondiale, il sera démobilisé pour maladie respiratoire. Il profite alors de ses talents, pour la fabrication de faux papiers.     

 

 

Suivront ses « 30 glorieuses » où il parcoure le monde de New-York à Tokyo, en passant par Moscou (…)

Parues chez Acte Sud, ses lettres à Maurice Baquet son ami de toujours, portent en surtitre ce bandeau qui les rassemble : « J’attends toujours le printemps » sans doute signe d’éternité.

 

 

 

Une conférence de Gilbert KHémaïs

Samedi 28 Octobre à 18 heures

25 rue Jean Louis

 

-:-:-:-:-:-:-:-:-

 

 

 

 

 

 

Quand le Kremlin-Bicêtre était Gentilly !

 

 

 

 

 

 

 

Au XIII° siècle, Louis VIII propriétaire d'un fief situé sur le plateau de Longboyau  surplombant la Bièvre l'offre à Pierre, son maître Queulx, nom donné au responsable des cuisines royales. Les terres de la Grange-aux-Queulx sont rachetées par Jean de Pontoise, évêque de Winchester. Ce nom, à la prononciation difficile pour les Français, subit des déformations, devenant successivement Vincestre, voire Vincextre, puis Bichestre, Bissestre, Bicestre et, enfin, Bicêtre. Après avoir connu splendeurs et vicissitudes, le dernier château construit à Bicêtre n’est plus que ruines. En 1632, Richelieu le fait raser afin d’y faire construire une vaste maison devant accueillir les vétérans invalides. En 1656, Louis XIV prend possession des bâtiments et les intègre à l'Hôpital général qu’il vient de créer pour endiguer le flot de mendiants et vagabonds qui hantent Paris.

 

Pour cet écart de Gentilly, alors couvert de terres de cultures et de carrières, la création puis l’expansion de ce qui deviendra l’hospice-prison de Bicêtre bouleverse son environnement.

 

Vers 1826, un marchand de vins installe son commerce dans le chemin longeant l’hôpital et prend pour enseigne « Au Sergent du Kremlin ». La vie de quartier y est très active et l’endroit prend suffisamment d’importance pour donner son nom à tout le voisinage qui devient le « Hameau de Bicêtre ». L’idée d’une séparation entre Bicêtre et Gentilly nait dans l’esprit d’un conseiller municipal, habitant le hameau de Bicêtre, qui demande que la commune soit divisée en deux sections pour les élections législatives de 1876. Le maire refuse et un climat d’hostilité s’installe entre les partisans de la séparation et les autres. Une véritable guerre ouverte touchant à l’absurde oblige les deux parties à reconnaître que la situation ne peut plus durer.

 

Une scission de fait est votée par le conseil municipal de Gentilly réduit à la minorité et la séparation est entérinée par une loi promulguée le 13 décembre 1896. .                                                                       

 

 

Une conférence de Madeleine Leveau Fernandez

Samedi 28 septembre à 18 heures

25 rue Jean Louis

 

-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-

 

 

 

 

 

 

Gentilly

 

Ville des Plaisirs

 

 

 

 

Quels étaient les loisirs des Gentilléens d’hier, ceuxdes villages qui bordaient la capitale, avant l’arrivée du cinéma, de la prolifération des médias, des accès aux moyens de transports, de plus en plus rapides.

 

Alors que l’approche de la culture restait réservée, à l’évidence leurs loisirs furent très longtemps tournés vers la nature. On pêchait dans la Bièvre, des ablettes,

des gardons, des épinoches carassins, et des écrevisses.

 On dit que Madame de Maintenon, les préférait pêchées dans cette eau limpide, à toutes autres rivières.

 

On pouvait occuper quelques loisirs aux jeux de marelle, aux osselets, cette invention du Ve siècle, dont Socrate raffolait. Les fêtes religieuses ou païennes, s’inscrivaient dans le temps, comme celles des vendanges, fête des Fous, ou encore celle de la Saint Jean. Les plus fortunés, dès 1596, pratiquaient le très sportif : jeu de Paume. 250 salles parisiennes équipées, pouvaient le proposer.

 

Saint Saturnin, Saint patron de Gentilly était fêté tousles 29 novembre, ou le jour de la Pentecôte, sous couvert d’une dérogation du diocèse. Ronsard qui habitait le quartier Monge, avait pour défouloir, le voyage à Hercueil (Arcueil) qui consistait avec quelques autres cavaliers,à chevaucher sans aucune retenue ni obstacles, afin d’arriver premier. Puis on allait ensuite étancher sa soif dans les estaminets (1420) ces lieux ancêtres de nos bistrots. En 1861, Gentilly comptait alors 8 marchands de vin, 64 cabaretiers, dont certains pouvaient se vanter d’avoir un jeu de billard. Lieux où l’on parlait souvent de politique. Une toute nouvelle activité se pratiquait sur la Bièvre gelée : le patinage sur glace, dès 1830.

 

Se sont organisées ensuite, les kermesses communales. La  première en 1903, où les fanfares rivalisaient.

Trois  fanfares furent créées à Gentilly, l’une en 1817, puis celle des « Les Fils d’Euterpe » (1891)  la dernière en titre (1933) portait un nom d’oiseau : « La Fauvette. »

 

Les transports s’améliorant, de la voiture à cheval à deux roues en passant par l’omnibus Hirondelle, au premier train Arnoux. En 1846 Henri d’Orléans, duc d’Aumale, inaugure la ligne de Sceaux, cérémonie qui se déroula place d’Enfert Rochereau.

Il faudra attendre 1890 pour que le premier arrêt d'un train se fasse à Gentilly.

 

 

Une conférence de Paul Pacoureau,

présentée par Nicole Pacoureau

 

samedi 25 mai à 18 h/ 25 r. Jean Louis

 

-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-

 

        

 

 

 

 

La zone et les fortifs (...)  

      

 

 

 

L’automobiliste qui utilise aujourd’hui le boulevard périphérique parisien, ignore souvent que cet espace a été occupé par la « zone », univers de bicoques, de guinguettes et de chiffonniers. Quant aux « fortifs », dernière fortification construite autour de Paris, long ruban de pierre de 35 km encerclant la capitale, elles ont laissé la place aux HBM et au tramway.

 

« Que sont devenues les fortifications et les p’tits bistrots des barrières ? » chantait Fréhel en 1938. Les fortifications ont été démolies et la zone, zone militaire n’ayant d’existence que par l’enceinte, a disparu avec elles. Pourtant, la zone et les fortifs, espace trouble auquel appartiennent les protagonistes du Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline et les héros d’Émile Zola ou de Colette, ceux des chansons d’Édith Piaf, restent dans la mémoire collective parisienne.

 

Verte au printemps, pelée l’été, la zone est tout à la fois un refuge pour les plus déshérités ou un espace de loisir, un territoire où les bandes d’Apaches viennent y régler leurs comptes, un terrain de jeu où s’ébrouent les marmots des familles ouvrières tandis que des artistes déchus y terminent une carrière improbable.

 

C’est là, entre Paris ville-lumière et une banlieue encore en partie rurale, que vient s’échouer le petit peuple parisien chassé par les mutations de la capitale. Misère extrême au paysage parfois bucolique faisant oublier le sordide, théâtre d’une lutte urbaine intense, l’histoire de la zone est le mythe fondateur de l’histoire de la banlieue parisienne.

 

« La ceinture noire de Paris, la Zone, les Fortifs » 

 

Une conférence de Madeleine Leveau Fernandez, historienne :

 

samedi  30 mars, 18 h-, 25 rue Jean Louis, local de la Société d’Histoire de Gentilly.

 

https://www.youtube.com/watch?v=jWegXanUNHc                   vous pouvez ignorer l’annonce pub.

 

-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-

 

 

 

 

 

 

 

L’Avenir de Gentilly

 

 

 

 

Certains de nos ainés ont peut-être encore quelques souvenirs de ce patronage qui s’est appelé « l’Avenir de Gentilly » entre 1905 et 1972, et il peut être intéressant de revenir sur ce que les jeunes de Gentilly ont pu vivre durant ces 67 années écoulées.

 

Dès la fin du XIX° siècle, un peu partout et en particulier à Gentilly ont été créés des patronages destinés à participer à l’éducation civique et religieuse des jeunes.

 

D’abord, le patronage a pris en charge l’enseignement religieux des jeunes, depuis que dès 1880,  cet enseignement eu disparu des écoles communales suite aux lois Jules Ferry.

 

Des cours du soir, des séances de révisions des matières, étaient également proposées aux jeunes.

 

Très vite, le sport a pris une très grande importance, en particulier la gymnastique, sport très populaire au début du XX° siècle. On a alors pu voir défiler dans les rues de Gentilly les gymnastes de « l’Avenir de Gentilly », tenue blanche, béret blanc, large ceinture noire récédés de leur fanfare composée de très jeunes enfants, qui avaient pu suivre des cours de musique organisés par le patronage.

 

Le football et le basket étaient aussi pratiqués. Depuis 1898, une fédération s’était  créée pour organiser rassemblements et compétions entre les équipes sportives, par les patronages :

 

La Fédération Gymnastique et Sportive des Patronages de France (FGSPF), fédération qui existe encore aujourd’hui sous le nom de Fédération Sportive et Culturelle de France (FSCF).

 

On peut d’ailleurs rappeler que de nombreuses manifestations organisées par cette fédération se sont déroulées sur le stade de Gentilly, entre 1905 et 1920, stade se trouvant  à l’époque, à l’emplacement de l’actuelle Cité Universitaire, dans le prolongement de l’actuelle rue Benoit Malon.

 

 

Le théâtre était aussi une activité proposée aux jeunes : on peut citer par exemple qu’en 1922, des spectacles, comme « Le Voyage de M. Perrichon » d’Eugene Labiche ou encore « Le Commissaire est bon enfant » de Georges Courteline ont été joués par « l’Avenir de Gentilly. »

 

 

En 1930 les activités de l’association étaient en pointe, lorsque les 25 ans du patronage sont fêtés avec la participation du groupe Scout, créé quelques années plus tôt, groupe qui participera à des animations communes avec « l’Avenir ». 

 

Quelques années plus tard, le mouvement « Cœurs-Vaillants » reprendra la suite du patronage.

 

Entre 1903 et 1972, des colonies de vacances ont accueilli les jeunes de Gentilly un peu partout en France, mais entre 1948 et 1972, on peut rappeler que ceux de l’Avenir, sont partis au lieu dit :

 

« La Châtelaine » dans un château situé dans le Jura, qui avait déjà toute une histoire.

 

 

Pour en savoir plus sur le sujet, on pourra consulter

le site internet  / http://avenirgentilly.free.fr

 

 

 

Conférence de Bernard Combe, historien du territoire du Val de Marne des Scouts et Guides de France,

samedi  26 janvier, 18 h : 25 rue Jean Louis.

 

   

Local de la Société d’Histoire de Gentilly,

entrée libre, 30 places.

 

 

-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-